Mouton

Le mouton

En dépit des stéréotypes, le mouton est un animal social très intelligent, doté d’une bonne mémoire. Il se souvient des moutons et des humains qu’il a rencontrés, et noue des amitiés durables avec les autres moutons de son troupeau.

Un peu d’histoire

Il fut un temps où tous les moutons étaient sauvages. Ils ont été domestiqués par les humains aux alentours de 10 000 ans avant J.C., dans l’Asie du Sud-Ouest, lorsque les humains ont décidé d’utiliser leur laine et leur viande. À l’heure actuelle, il existe encore quatre types de moutons sauvages dans le monde : l’urial en Asie du Sud-est, l’argali dans le centre de l’Asie, le mouflon dans les îles centrales de Méditerranée, et le mouflon d’Amérique dans les montagnes rocheuses de l’Amérique du Nord. Les moutons domestiques descendent du mouflon et d’un autre ancêtre indéterminé. La reproduction sélective a mené à l’existence de plus de quarante types de moutons domestiques.

Intelligence et émotions

Les scientifiques commencent à se rendre compte que les moutons ont une assez bonne mémoire. Keith Kendrick, neuroscientifique au Babraham Institute près de Cambridge, pense que le cerveau du mouton, tout comme celui de l’être humain, peut reconnaître un visage. Au cours d’une étude menée par Keith Kendrick, un mouton a été capable de reconnaître sans erreur un visage humain, 50 fois sur 50. Le mouton qui a fait l’objet de l’étude pouvait également reconnaître jusqu’à 50 de ses congénères, même ceux qu’il n’avait pas vus depuis des années.

Plutôt que de rester bêtement devant un obstacle, les moutons se regroupent pour y faire face ensemble. Les moutons vivant dans les tourbières du Yorkshire en Angleterre ont appris à se rouler sur des grilles métalliques pour le bétail longues de plus de trois mètres, afin de s’introduire dans les jardins des habitants des villages. Les animaux ont également appris à sauter par-dessus des clôtures de 1,5 m de haut et à passer dans des ouvertures de 8 pouces.

Les moutons restent rassemblés en troupeau et coopèrent pour se protéger. D’abord, un mouton s’aventurera en dehors du groupe. Un deuxième mouton le suivra avant de signaler aux autres moutons du troupeau qu’ils peuvent suivre en toute sécurité. Les moutons qui agissent en tant qu’éclaireur ou qui donnent le signal au reste du troupeau le font généralement tout au long de leur vie.

Les moutons ont des sentiments et utilisent divers sons pour communiquer diverses émotions et messages entre eux. Mark Feinstein, professeur de sciences cognitives et expert en bioacoustique au Hampshire College à Amherst, dans le Massachusetts, pense que les moutons expriment leur nervosité en changeant le ton de leurs vocalisations ou la qualité globale des sons, plutôt qu’en modifiant la hauteur ou l’intensité de leurs bêlements. Même un humain, en entendant les sons émis par un mouton, peut dire facilement que l’animal souffre ou est malade.

Les moutons semblent nouer entre eux des amitiés individuelles, en allant régulièrement brouter avec le même congénère ou en restant souvent en sa compagnie. Les chercheurs pensent que les moutons, tout comme les humains, pensent en fait aux moutons qu’ils connaissent même quand ceux-ci ne sont pas là. Ils sont également perturbés lorsque leurs amis sont absents du troupeau.

Un festin digne d’un mouton 

Les moutons mangent de l’herbe fourragère, du trèfle et des mauvaises herbes, avec une nette préférence pour ces dernières. Les moutons passent environ sept heures par jour à brouter, principalement au lever et au coucher du soleil. La taille du pâturage nécessaire pour nourrir un mouton dépend de la qualité du sol, de la quantité de pluie qui y tombe et de la gestion du pâturage. Dans les climats secs, un acre de pâturage ou de parcours ne peut pas nourrir autant de moutons, et ces derniers devront généralement parcourir de plus grandes distances pour trouver à manger et à boire. Lorsque aucune nourriture fraîche n’est disponible, on nourrit les moutons domestiques avec du foin ou du fourrage vert.

Tout comme leurs cousins les chèvres, les vaches et les chameaux, les moutons sont des ruminants, c’est-à-dire qu’ils digèrent leur nourriture en deux étapes. Dans un premier temps, ils mangent la plante telle quelle, puis la régurgitent sous une forme semi-digérée (ruminée), qu’ils mâchent et avalent de nouveau. Ils ont quatre estomacs qui les aident à effectuer leur digestion complexe.

Le saviez-vous?

•    Si les humains n’interviennent pas, la laine des moutons pousse juste assez pour les protéger des températures extrêmes. Non seulement leur toison les protège du froid, mais elle les isole également très bien de la chaleur!
•    Les moutons mâles sont appelés béliers, les femelles sont appelées des brebis et les petits sont appelés des agneaux.
•    Les brebis ont un avis bien déterminé sur ce qui rend un bélier attirant.
•    Des agriculteurs ont signalé que les moutons ayant changé de propriétaire, s’ils se perdent, retrouvent souvent leur troupeau d’origine.
•    Habituellement, les brebis donnent naissance à des jumeaux.
•    En raison de la reproduction sélective, les moutons produisent désormais plus de laine et moins de poil. De plus, la couleur de leur laine est passé de différentes teintes de brun à des teintes plus uniformes de blanc et de noir.
•    L’espérance de vie des moutons va de 11 à 16 ans.
•    La vision des moutons est bien meilleure que celle des humains. Ils ont une vision à 270˚, soit presque 3/4 de cercle. L’angle de vue des humains ne dépasse pas 170˚. C’est pourquoi il est très difficile de prendre un mouton par surprise.
•    Les moutons préfèrent grimper une butte plutôt que de la descendre.

Qu’est-ce que différencie les moutons des chèvres?             

  • •    Les chèvres sont des animaux vifs et très curieux. La chèvre ordinaire que nous connaissons est en fait une sous-espèce domestiquée de la chèvre sauvage. Tout comme les moutons, les vaches et les antilopes, les chèvres appartiennent à la famille des bovins. Tout comme chez les cervidés, la chèvre femelle est appelée une daine. Quant au mâle, on l’appelle également bouc. Les petits s’appellent des chevreaux.
    •    Le poil de chèvre est raide, contrairement à la laine des moutons. Le mâle a également une barbe, une touffe de poils accrochée au menton.
    •    Les chèvres apprécient autant la vie solitaire que la vie en troupeau. Les moutons, en revanche, vivent toujours en groupe.
    •    S’ils ont accès à plus de nourriture que nécessaire, les moutons sont plus susceptibles que les chèvres de manger en trop grande quantité. Ils sont souvent victimes d’entéro-toxémie infectieuse ou d’hyperphagie.
    •    Les moutons paissent, tandis que les chèvres broutent. Cela signifie que les moutons mangent l’herbe et les autres plantes en intégralité. Les chèvres, quant à elles, broutent ici et là, sélectionnant diverses sortes de buissons et de feuilles.
    •    Beaucoup de personnes pensent que les chèvres mangent tout ce qui se trouvent sur leur passage. Cette idée fausse est probablement due au fait qu’elles ont tendance à mâcher beaucoup de choses, sans pour autant les manger. Les chèvres préfèrent manger des arbustes et des herbes.
    •    Comptant parmi les meilleurs grimpeurs au monde, les chèvres sont capables de grimper aux arbres pourvu que l’angle et l’écorce leur permettre d’avoir prise. Certaines sont même montées sur des toits, en grimpant sur les arbres situés à proximité. Les chèvres ne sont presque jamais victimes de chutes ou de glissades; elles peuvent même sauter d’une pierre à une autre. La démarche des moutons, en revanche, est beaucoup moins assurée et ils peuvent facilement tomber ou se retrouver sur le dos sans pouvoir se remettre sur leurs pattes.
    •    Les moutons résistent mieux au mauvais temps que les chèvres.
    •    Les moutons comme les chèvres s’enfuiront en cas de danger. Cependant, s’ils sont pris au piège, ils essaieront de se défendre. En tapant une patte avant sur le sol, l’animal indique à son agresseur qu’il s’apprête à charger.

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