Oiseaux
Les oiseaux sont vraiment intelligents
On pense généralement que les oiseaux sont des animaux stupides, peut-être parce que leur cerveau nous apparaît si petit comparativement au nôtre. Durant plusieurs décennies, les scientifiques ont appris et enseigné au sujet des oiseaux que leur cerveau était très simple et que leurs actions n’étaient gouvernées que par l’instinct. Toutefois, que l’on pense aux corneilles utilisant des outils ou aux perroquets pouvant converser, le comportement complexe des oiseaux ne concorde pas avec cette théorie d’un cerveau simple. Cette contradiction a poussé de nombreux experts en ornithologie à étudier l’intelligence des oiseaux d’un peu plus près.
Un consortium d’experts ornithologues a déclaré, dans la revue Nature Neuroscience Reviews de février 2005 que, contrairement aux croyances reçues, le cerveau des oiseaux était aussi complexe, flexible et inventif que celui de n’importe quel mammifère. Le groupe de 29 scientifiques provenant de six pays a passé sept ans à renommer les composantes du cerveau des oiseaux et des mammifères afin de mieux refléter la complexité présumée de son fonctionnement.
Bien entendu, les milliers d’espèces d’oiseaux qui existent présentent une grande variation sur le plan des capacités intellectuelles. De tous les oiseaux étudiés, les oiseaux de la famille des corvidés, qui comprend les corneilles, les corbeaux et les pies, sont ceux qui possèdent le plus gros cerveau et semblent être les plus intelligents. Toutes proportions gardées, le cerveau d’une corneille est en fait comparable à celui d’un chimpanzé!
Les chimpanzés sont reconnus pour être capables de fabriquer et d’utiliser leurs propres instruments, mais peu de gens savent que le corbeau calédonien peut également en faire autant. Avec des brindilles et des feuilles barbelées, ces corneilles fabriquent des crochets et des harpons à l’aide de leur bec et leurs pattes pour attraper des larves. Lorsqu’une corneille, dans le cadre d’une expérience de laboratoire, a été placée dans un endroit où il y avait un récipient cylindrique vertical d’une hauteur de quatre pouces contenant de la nourriture tout au fond et qu’on lui a donné des fils de métal de différentes longueurs, elle a choisi un fil de quatre pouces, fait un crochet et récupéré la nourriture.
Daniel Sol, de l’Université Indépendante de Barcelone, en Espagne, affirme que l’intelligence des oiseaux peut également être liée au besoin de migrer. Selon une étude qu’il a effectuée en 2005, les corneilles et autres oiseaux qui restent dans leur région d’origine tout l’hiver peuvent se le permettre parce qu’ils sont plus intelligents et astucieux. Daniel Sol croit que les oiseaux qui doivent migrer le font parce qu’ils sont un peu moins intelligents que ceux qui ne migrent pas.
Intelligence sociale
Les singes et les corvidés sont des animaux sociaux, ce qui tend à confirmer la théorie selon laquelle leur intelligence a évolué afin qu’ils puissent assimiler et utiliser l’information sociale, par exemple qui est ami avec qui. D’après les observations, les corneilles présentent une organisation sociale complexe. Par exemple, même s’ils semblent être tous ensemble lorsqu’on les voit se nourrir, cette masse d’oiseaux est en fait un groupe d’unités familiales plus petites. De plus, pendant la migration, le groupe sera souvent divisé selon l’âge. Certaines corneilles assument des tâches spécifiques, pour le bien du groupe. Par exemple, on envoie des « éclaireurs » avertir les autres membres d’un danger ou mener le groupe à des sources de nourriture.
Les corneilles semblent aussi avoir un code leur permettant de résoudre les conflits ou les problèmes de comportement. Bien que le crime qu’un oiseau a commis ne soit jamais tout à fait évident pour les humains, on a vu des groupes de corneilles se réunir, puis harceler ou même exécuter les individus en question.
Les pies ont, elles aussi, une société démontrant une telle complexité. Elles sont organisées en hiérarchies de dominance et entreprennent fréquemment de nouvelles conquêtes. Il arrive que des groupes de mâles occupant un rang élevé dans la hiérarchie envahissent un territoire et défient les autres pies déjà en place. Deux oiseaux se battront alors en duel, pendant que les autres oiseaux les observent. Lors d’un de ces combats, on a même dénombré 200 « spectateurs ».
Des oiseaux intelligents
• Certains perroquets peuvent converser avec les humains, inventer une syntaxe et enseigner leurs connaissances aux autres perroquets. Des chercheurs ont découvert qu’Alex, un perroquet jaco, comprenait plusieurs concepts, comme les nombres, les couleurs, la différence entre présence et absence, et certaines propriétés physiques des objets, comme leur forme et leur matière. Non seulement les perroquets jaco peuvent-ils parler, les chercheurs qui conversent avec eux disent qu’ils ont même un certain sens de l’humour et inventent de nouveaux mots. • Les pigeons peuvent mémoriser jusqu’à 725 motifs visuels différents.
• Le cassenoix d’Amérique peut cacher jusqu’à 30 000 graines et se souvenir de leur emplacement six mois plus tard.
• Le cassenoix vole aussi parfois de la nourriture, ou en cache pour se protéger d’un vol. S’il s’aperçoit qu’un autre oiseau l’observe pendant qu’il cache de la nourriture, il y retournera plus tard, seul, pour la cacher à un autre endroit. Selon les scientifiques, ce comportement démontre que les oiseaux comprennent que leurs congénères ont leurs propres idées et intentions.
• Les pies, à un âge plus jeune que n’importe quelle autre espèce observée, peuvent réaliser qu’un objet disparaissant derrière un rideau ne s’est pas réellement volatilisé.
• Les corneilles ont démontré leur capacité à innover dans la résolution de problèmes. Au Japon, les corneilles noires se rassemblent en bordure du trottoir et attendent que le feu de circulation devienne rouge. Lorsque les voitures s’arrêtent, elles sautillent dans la rue, y jettent des noix qu’elles ont prises dans les arbres des alentours et vont se repositionner en bordure du trottoir. Après que les voitures se sont remises en marche et ont écrasé les coquilles des noix, les corneilles y retournent manger les noix.
• Une recherche effectuée par un ethnologue allemand, Otto Koehler, a démontré que les corbeaux pouvaient associer un nombre précis d’objets au nombre de points sur un couvercle, en prévision d’une récompense en nourriture. Cela prouve que ces oiseaux savent compter.
• Les pigeons semblent maîtriser l’art de la tromperie. Ils font semblant d’avoir trouvé de la nourriture, conduisent les autres oiseaux vers celle-ci, et par la suite, se dirigent en douce vers une vraie source de nourriture pendant que les autres oiseaux sont occupés ailleurs.
Le saviez-vous?
• Contrairement aux êtres humains, lorsqu’ils prennent de l’âge, les oiseaux ne présentent aucun signe visible de vieillissement. Personne n’a jamais entendu parler d’oiseaux ayant des plumes grisonnantes ou des ridules. Une fois que les oiseaux ont atteint la maturité et remplacé leur plumage juvénile par celui propre aux adultes, leur apparence ne semble pas changer pour le reste de leur vie. Il existe une seule exception singulière à cette règle : le canard domestique mâle, qui développe des caractéristiques propres aux femelles au fur et à mesure qu’il avance en âge. Cependant, ce phénomène n’a jamais été observé dans la nature, probablement parce que la plupart des canards et des oies sont tués entre l’âge de un et trois ans par les chasseurs. • Les chercheurs peuvent découvrir l’âge des oiseaux lorsqu’ils retracent des oiseaux qui portent une bague identificatrice.
• Bien que certaines espèces d’oiseaux aient un taux de mortalité très élevé dans leur milieu naturel, on a découvert que de nombreuses espèces d’oiseaux pouvaient avoir une longévité excellente. Les oiseaux marins comme l’albatros et le fulmar viennent au deuxième rang, après un cacatoès à huppe jaune ayant vécu au-delà de 80 ans au zoo de Londres, un record.
• Les bébés oiseaux chanteurs gazouillent, tout comme les bébés humains, et utilisent pour ce faire l’hémisphère gauche de leur cerveau.
• Les corbeaux sont les seuls oiseaux dont on peut être certain qu’ils jouent. Deux de ces oiseaux enjoués ont été photographiés au pays de Galles en 1980, alors qu’ils glissaient le long d’une butte de neige de dix pieds, sur leur dos. Ils sont même revenus s’amuser le jour suivant.