Poissons

Quelques mots sur les poissons

On compte quelque 28 000 espèces de poissons différentes, qui représentent environ la moitié des espèces de vertébrés (animaux pourvus d’une épine dorsale) connues dans le monde. Certains poissons sont adaptés à presque tous les types d’environnements aquatiques, qu’il s’agisse de mares, de lagons ou d’océans.

La plupart des gens pensent que le poisson a un cerveau minuscule et que sa mémoire est extrêmement brève. Cependant, les scientifiques ont découvert que les poissons sont bien plus intelligents qu’on ne le laisse entendre. Les biologistes et les psychologues qui étudient les poissons affirment que ces derniers possèdent des capacités d’apprentissage et une mémoire, ainsi qu’un éventail d’autres aptitudes cognitives. Le poisson arc-en-ciel australien a appris à s’échapper d’un filet dans son aquarium, et s’en souvenait encore plusieurs mois après. En outre, les poissons qui ont survécu à la capture dans un filet au début de leur vie apprendront à s’éloigner à l’approche d’un chalutier.

Dans un article paru en 2003 dans la revue Fish and Fisheries, les biologistes Calum Brown, Keven Laland et Jens Krause ont cité plus de 500 documents de recherche corroborant le fait que les poissons sont désormais perçus comme des créatures tout à fait intelligentes, aux relations sociales très complexes. Les poissons coopèrent pour examiner leurs prédateurs et trouver leur nourriture et, parfois, ils adoptent même des stratégies de manipulation, de punition et de réconciliation.

Les recherches effectuées au cours des dernières années montrent que les poissons reconnaissent leurs congénères ainsi que le prestige social. Ils ont même des relations. Les scientifiques ont également remarqué que certains poissons ont des traditions culturelles stables, comme l’utilisation d’outils et la construction de nids complexes. Certains poissons d’Afrique du Sud, par exemple, pondent leurs oeufs sur des feuilles avant de les emmener dans un endroit sûr, la feuille servant de panier pour le transport. On sait aussi que d’autres poissons entretiennent des jardins dans lesquels ils favorisent la pousse d’algues savoureuses en éliminant les plantes qu’ils n’aiment pas.

Les sensations des poissons

Beaucoup de gens croient toujours que les poissons sont des créatures idiotes qui n’ont pas conscience de leur environnement. Les gens peuvent ainsi croire que la pêche n’est pas un problème et que les poissons qu’ils attrapent ne souffrent pas. Il n’y a rien de plus faux. Les poissons sont en réalité dotés d’un système nerveux complexe qui comprend la douleur et y répond. Comme l’explique Donald Broom, conseiller scientifique auprès du gouvernement britannique : « La documentation scientifique est assez claire. D’un point de vue anatomique, physiologique et biologique, le système de la douleur des poissons est quasiment identique à celui des oiseaux et des animaux ». Au Royaume-Uni, les scientifiques de l’université d’Édimbourg et du Roslin Institute expliquent qu’en réponse à la douleur, les poissons ressentent également le stress qui se traduit par un mouvement de « balancement » de l’animal. Ce mouvement ressemble assez à celui que l’on observe chez les mammifères souffrant de stress. Au bout du compte, il est clair que les poissons souffrent lorsqu’ils mordent à un hameçon ou lorsqu’ils sont pris dans un filet. Ils souffrent comme tous les mammifères.

Le risque de finir dans une assiette

Les poissons sont la proie d’autres espèces de poissons, d’oiseaux, de serpents, de tortues et de crustacés, mais leur plus grand prédateur est l’être humain, qui détruit rapidement l’espèce à cause de la pêche intensive. Dans leur étude rédigée en 2003, Ransom Myers et Boris Worm de l’Université Dalhousie à Halifax estiment que 90 % des gros prédateurs tels que l’espadon, le makaire et le requin, ont été éradiqués des océans au cours des 50 dernières années. L’étude suppose également que ces poissons, ainsi que des poissons très commercialisés comme le thon, la morue et le flétan, sont maintenant de plus petite taille que par le passé.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 52 % des réserves mondiales de poisson sont exploitées au maximum de leur capacité biologique, 24 % sont surexploitées, épuisées ou se reconstituent après avoir été épuisées, 21 % sont modérément exploitées et seulement 3 % sont sous-exploitées. La plupart des Canadiens connaissent l’exemple de la morue. En 1992, des milliers de personnes se sont soudainement retrouvées au chômage lorsque les réserves de morue au large de Terre-Neuve, autrefois abondantes, sont devenues très faibles à cause de la surpêche.

Le saviez-vous?

•    Chez certaines espèces de poisson, la femelle et le mâle ont une forme ou des couleurs différentes mais, chez de nombreuses autres espèces, il n’y a aucune différence visible pour l’homme.
•    Il existe quelques espèces de poisson tout à fait uniques qui ont des poumons et qui respirent l’air, mais la plupart respirent à l’aide de branchies. Les branchies sont composées de minces couches de tissu couvertes de vaisseaux sanguins. Lorsque l’eau passe sur les branchies, l’oxygène dissout pénètre dans le sang et les déchets, comme le dioxyde de carbone, sont rejetés dans l’eau. Les branchies sont protégées par une plaque osseuse que l’on appelle un opercule.
•    La plupart des poissons ont une ligne latérale composées d’une rangée d’écailles allant de leur tête à leur queue. Sous ces écailles se trouve un système composé de canaux remplis de fluide et de cellules spécialisées qui transmettent des vibrations au cerveau. Cette ligne latérale aide les poissons à détecter des objets dans l’eau, notamment les prédateurs et les proies.
•    Si vous touchez un poisson, vous le trouverez probablement gluant. Ce dépôt gluant dont est recouvert le poisson est en fait le mucus sécrété par sa peau. Cette couche de mucus protège le poisson contre les parasites et les maladies, couvre les blessures pour empêcher toute infection et l’aide à avancer plus vite. Le mucus de certaines espèces de poissons contient également des toxines qui repoussent leurs prédateurs.
•    Le biologiste marin Ben Wilson, du Bamfield Marine Science Centre (Canada), a dirigé en 2003 une étude qui a permis de découvrir que le « pet » est peut-être très important, dans la mesure où il aide les poissons à communiquer entre eux dans l’obscurité. Les chercheurs ont découvert que le hareng émettait de petits bruits semblables à des pets, en avalant de l’air à la surface et en le faisant ressortir par un orifice situé près de sa queue. Ces bruits semblent aider les poissons à localiser leurs congénères lorsqu’il fait nuit, sans éveiller l’attention des prédateurs.
•    La perche grimpeuse, originaire d’Inde, peut se déplacer sur le sol afin de rechercher de l’eau lorsque le trou d’eau dans lequel elle se trouve est sec!
•    Les poissons communiquent entre eux à l’aide de divers petits cris aigus et d’autres sons à basse fréquence que les humains ne peuvent entendre qu’à l’aide d’instruments spéciaux. Certains poissons chantent pour faire la cour à des partenaires éventuels.
•    Les poissons aiment être touchés et, souvent, ils se frottent les uns contre les autres… un peu comme un chat qui vient se frotter contre vos jambes.
•    La chair de poisson est souvent contaminée par le mercure (qui peut causer des dommages au cerveau) et des produits chimiques toxiques comme le DDT, les BPC et des dioxines (qui ont été mis en cause dans des affections telles que le cancer, les troubles du système nerveux et les infections du fœtus), ainsi que des bactéries.

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