La chasse aux phoques

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La survie des bébés phoques ne tient qu’à un fil – le 15 février 2006

National Post
Le mardi 14 février 2006
Par Melissa Leong

Un groupe de défense des animaux a annoncé hier que le gouvernement conservateur devrait annuler la chasse annuelle au phoque du Groenland sur la côte est si le temps, anormalement chaud pour la saison, empêche la formation d’une glace suffisamment solide pour que les bébés phoques puissent survivre.

M. David Lavigne, conseiller scientifique auprès d'IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux) et expert en mammifères marins, a averti qu’Environnement Canada prévoyait des températures sans cesse au-dessus des normales saisonnières pour le mois qui vient, ce qui pourrait mettre en danger de mort les 900 000 bébés phoques qui naissent dans le golfe du Saint-Laurent et au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador fin février et début mars.

« Quand la glace ne se forme pas ou qu’elle est anormalement mince, l’accouchement et l’allaitement sont dramatiquement affectés et un grand nombre de nouveau-nés meurt » a t’il déclaré hier dans un communiqué écrit. « Il est insensé de chasser le phoque du Groenland alors qu’il est évident qu’un fort pourcentage de bébés mourra à cause des mauvaises conditions de glace. »

Il a ajouté que les phoques du Groenland dépendent d’une plateforme de glace stable pour pouvoir donner naissance et allaiter pendant 12 jours. Sans une alimentation régulière, les bébés n’auront pas les nutriments nécessaires à leur survie. Les plateformes de glace peuvent également se rompre et précipiter les bébés dans l’océan.

« Si vous chassez ceux qui restent, vous pourriez faire disparaître toute une classe d’âge, » a-t’il prévenu. « Les bébés qui sont nés cette année ne seront aptes à la reproduction que dans cinq ou six ans, ce qui aura un impact sur la taille et la productivité future de la population. »

Garry Stenson, chercheur scientifique auprès de la Section des mammifères marins du ministère des Pêches et des Océans, a affirmé que le ministère surveillait étroitement la situation.

« Cette année, la situation est telle que la glace du sud du golfe n’est pas très bonne et celle au large de Terre-Neuve est marginale. » a-t’il indiqué. La glace du golfe du Saint-Laurent, où naissent 25 % des bébés phoques, est au niveau le plus bas qu’il ait jamais vu.

Cependant, a-t’il dit, les phoques du Groenland se reproduisent sur plusieurs années.

« Étant donné que la population en âge de se reproduire se répartit sur plusieurs années, une mauvaise année ne sera pas dévastatrice pour la population. »

Sans glace suffisamment solide, les phoques du Groenland peuvent donner naissance sur la plage de l’Île-du-Prince-Édouard, ce qu’ils ont fait en 1981, ou encore nager jusqu’à ce qu’ils trouvent une glace de qualité convenable dans le nord du golfe du Saint-Laurent de Terre-Neuve, comme ils l’ont fait en 1969, a ajouté M. Stenson.

Lors de l’établissement des quotas de chasse, le ministère prend en considération le taux de mortalité des phoques, incluant ceux qui meurent au cours de la chasse et ceux qui meurent du fait d’une glace de mauvaise qualité, a-t’il précisé.

Le quota pour cette année n’a toujours pas été annoncé par le nouveau gouvernement.

Le quota moyen de l’an dernier était de 325 000 phoques environ. Aucun porte-parole du parti conservateur n’a pu être joint hier pour faire un commentaire.

La population de phoques du Groenland de l’Atlantique Nord-Ouest est restée stable autour de 5,8 millions d’individus depuis le milieu des années 90, a précisé M. Stenson.

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