La chasse aux phoques
Fiches d'information
- Un massacre non durable
- Les phoques et les pêcheries
Les phoques et les pêcheries
Lorsque la morue du Nord et d'autres populations de poissons ont subi un déclin au début des années 1990, on a fait croire aux Canadiens que les phoques étaient les coupables. Depuis ce temps, on nous raconte aussi que les phoques constituent un des facteurs empêchant le rétablissement des populations de poissons de fond.
Aucune de ces deux affirmations ne peut être justifiée de manière scientifique. En effet, toutes deux contredisent ce que les scientifiques canadiens et internationaux les plus respectés disent aujourd'hui au sujet du rôle des phoques du Groenland et des phoques à capuchon dans la région de l’Atlantique du Nord-Ouest :
« Ce qui est arrivé aux populations de poissons de la côte Est n'a rien à voir avec l'environnement, rien à voir avec les phoques. Il s'agissait simplement de surpêche. »
R. Myers, 1995; Voir aussi J. Hutchings et cie, 1997.
« Il n'existe aucune preuve qu'une augmentation de la prédation de jeunes morues par les phoques a entraîné le déclin récent et les fermetures de plusieurs pêcheries de morue. »
A. Sinclair, R.Myers and J.Hutchings, 1995; Voir aussi R.Myers and N. Cadigan, 1995.
« Toutes les études scientifiques qui ont tenté d'examiner l'effet de la prédation par les phoques sur les populations de poissons ont échoué à démontrer un impact quel qu'il soit. La surpêche demeure le seul problème de conservation rattaché au déclin des populations de poissons qui ait été démontré de façon scientifique. »
Pétition signée par 97 scientifiques de 15 pays à la 11th Biennial Conference on the Biology of Marine Mammals, déc. 1995.
« Les interactions entre les phoques et les pêcheries sont complexes et souvent mal comprises. La vérité est que nous ne savons pas ce que serait l'effet d'un changement démographique chez les phoques sur les pêcheries commerciales. »
W.Bowen, 1992
« Il n'est pas encore possible de prédire les effets d'une augmentation ou d'une diminution de la population de phoques sur les autres composantes de l'écosystème, y compris les populations de poissons exploitées commercialement et les rendements obtenus. »
Harp Seal-Fishery Interactions in the Northwest Atlantic : Toward Research and Management Actions. Atelier scientifique international, St-John's, Terre-Neuve, fév. 1997
Il existe des milliers de différentes espèces dans l'écosystème de l’Atlantique du Nord-Ouest, dont beaucoup deviennent des prédateurs réciproques à différentes étapes de leur cycle de vie.
Il est évident que la réduction des populations de phoques du Groenland par l'abattage n'aboutira pas à une augmentation prévisible des morues disponibles pour l'industrie de la pêche. La morue a beaucoup de prédateurs autres que les phoques du Groenland. Les phoques du Groenland mangent probablement plus de ces prédateurs de morue que de morues elles-mêmes. Un déclin dans la population de phoques pourrait en fait causer une augmentation démographique des autres prédateurs (comme les calmars) et donc entraîner une diminution des populations de morues.
En d'autres mots, l'abattage de phoques pourrait en réalité empêcher le rétablissement des populations de morues.