La fourrure

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Campagne marketing de fourrure

Tu avais une massue et tu défonçais la tête de l'animal. C'est cruel, c'est horrible. Les gens pensent que c'est romantique mais ça ne l'est pas. Si les gens qui portent des manteaux de fourrure voyaient leur chien pris dans une trappe comme ça, ils ne porteraient plus jamais de fourrure. —Raven Wilson, Amérindien et ancien trappeur

L'industrie canadienne de la fourrure a lancé une campagne de marketing agressive destinée à convaincre le public que l'industrie de la fourrure est essentielle à la survie culturelle et économique des Premières Nations. Cette campagne est basée sur des informations mensongères et sur la manipulation des bonnes intentions. Les défenseurs de l'industrie ont tenté, à travers cette campagne, de rendre floue la ligne entre les moyens de subsistance des Amérindiens et une industrie commerciale polluante et gaspilleuse. Finalement, ce sont les contribuables - dont la grande majorité est opposée à l'abattage d'animaux pour leur fourrure - qui doivent payer la facture de cette propagande. Voici quelques-uns des mythes propagés par l'industrie de la fourrure accompagnés des faits réels.

Mythe de l'industrie de la fourrure : Sans le succès du commerce de la fourrure, les Amérindiens perdraient leur "relation sociale, spirituelle et culturelle unique avec la terre et ses ressources". (Old Massett Fur Impacts Report)

Fait: Une des valeurs les plus fondamentales des communautés amérindiennes est le respect des animaux et de toute forme de vie. Par conséquent, les modes de subsistance authentiques impliquent l'utilisation complète de tout animal abattu. La décimation de populations entières d'animaux à des fins commerciales, pour la mode, et le gaspillage des carcasses sont directement opposés aux valeurs traditionnelles.

En réalité, le commerce de la fourrure a été amené au Canada par les conquérants européens et utilisé par ceux-ci pour assujettir les Amérindiens. George Simpson, le gouverneur de la Baie d'Hudson, a écrit en 1822 "Je suis convaincu qu'ils (les Amérindiens) doivent être gouvernés avec une poigne de fer afin de les maintenir dans un état propice de subordination, et le meilleur moyen d'y arriver est de les laisser sentir leur dépendance envers nous". Dans les années 1920, un fourreur affirme que "plus les caribous disparaissent rapidement mieux c'est, ainsi les denrées alimentaires peuvent être importées et les Amérindiens devront choisir entre devenir trappeurs et producteurs de fourrure ou bien mourir de faim"

Mythe de l'industrie de la fourrure : Le commerce de la fourrure soutient la culture et la subsistance de dizaines de milliers de paysans et aborigènes en Amérique du Nord. (Fur Council of Canada)

Fait: D'après les données de Statistique Canada et de l'Institut de la fourrure du Canada, le trappeur canadien moyen a gagné approximativement 225 dollars de son activité en 1998-1999 (1). Il existe également des témoignages qui suggèrent que la plupart des trappeurs amérindiens gagnent moins que la moyenne.

Seul 5% de la population amérindienne du Canada est impliqué dans le commerce de la fourrure - en tant que trappeurs, travailleurs dont le revenu est le plus bas dans toute l'industrie de la fourrure. Approximativement 1% du revenu généré par l'industrie de la fourrure (800 millions de dollars annuellement) revient aux trappeurs amérindiens. Il est important de souligner que la plus grande partie de l'argent généré par le commerce de la fourrure se trouve dans les secteurs de manufacture et vente, deux secteurs dans lesquels les amérindiens n'ont quasiment aucun intérêt.

L'industrie de la fourrure s'oppose délibérément, et de façon constante, à toute initiative amérindienne qui viserait à étiqueter les fourrures produites par des trappeurs amérindiens. La raison en est simple : les fourrures fournies par des amérindiens ne représentent que 3% des peaux qui sont vendues en Amérique du Nord. Si les gens n'étaient autorisés à acheter que des fourrures provenant des Amérindiens, l'industrie s'effondrerait.

Le commerce de la fourrure constitue la plus insidieuse source de préjugés envers les Premières Nations. L'Institut canadien de la fourrure et le gouvernement traînent quelques Amérindiens symboliques à travers l'Europe afin d'obtenir son soutient pour l'industrie de la fourrur et de la mode des blancs comme si les Amérindiens étaient en quelque sorte des dieux. Tandis que chez eux, au Canada, le gouvernement coupe les programmes éducatifs qui pourraient leur permettre de se sortir d'emplois alimentaires tels que le travail de trappeur. —- Paul Hollingsworth, fondateur de l'association Native/Animal Brotherhood

Mythe de l'industrie de la fourrure : Le commerce de la fourrure fournit un revenu important à de nombreux Amérindiens. (Fur Council of Canada)

Fait: Les individus qui chassent à temps partiel, comme loisir, attrapent autant d'animaux que les trappeurs amérindiens. En effet, d'après les données de Statistique Canada, les gens qui pratiquent la trappe par loisir gagnent souvent plus d'argent de celle-ci que les trappeurs Amérindiens. Le Comité permanent des affaires autochtones reconnaît que "les trappeurs, Amérindiens ou non, pratiquent cette forme de chasse par choix et non par nécessité".

L'argument amérindien a énormément favorisé nos campagnes en Europe visant à maintenir le commerce de la fourrure… La raison pour laquelle nous entendons tant parler des Amérindiens est qu'il s'agit de l'argument le plus efficace qui nous permet à tous de continuer à pratiquer la trappe.— - Rod Cumberland, biologiste des animaux à fourrure au gouvernement provincial du Nouveau Brunswick. Correspondance du 13 juillet 1993 dans laquelle il admet que les trappeurs non-amérindiens sont responsables pour 95% des peaux fournies annuellement au Nouveau Brunswick.

Références:

  1. Statistics Canada, value of pelts sold
  2. Fur Council of Canada, number of trappers

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