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L’élevage industriel d’animaux à fourrure
"Tant qu’il n’étendra pas le cercle de sa compassion à tous les êtres vivants, l’homme ne trouvera pas de paix." - Albert Schweitzer
Sur approximativement deux millions d’animaux officiellement tués chaque année par l’industrie canadienne de la fourrure, environ la moitié sont élevés dans des fermes industrielles. Les renards et les visons en composent la grande majorité, avec quelques autres espèces spécifiques, y compris les chinchillas, les ragondins, les lapins et les ratons-laveurs.Beaucoup de Canadiens s’opposent à l’idée de porter de la fourrure pour être à la mode. Certains d’entre eux ont vu les images horribles d’animaux de ces fermes à fourrure confinés dans des cages minuscules et insalubres. D’autres sont conscients de l’impact destructeur que ces installations ont sur l’environnement.
Il est donc plutôt ironique que l’industrie de la fourrure utilise l’argent de ces contribuables pour financer de coûteuses campagnes de relations publiques dans une vaine tentative de faire oublier l’origine sanglante de leurs produits. Nous vous prions de prendre quelques minutes pour découvrir la réalité sur cette fourrure produite dans des élevages industriels.
Le mythe de l’industrie de la fourrure : « Les animaux à fourrure d’élevage sont souvent appelés les « animaux domestiques les mieux traités dans le monde ». » (Institut de la fourrure du Canada).
Les faits : L’Institut de la fourrure prend bien soin d’omettre de mentionner qui, selon eux, oserait tenir des propos aussi grotesques. En réalité, si l’exploitant d’un élevage d’animaux à fourrure faisait subir à un chat ou à un chien ce qu’il inflige quotidiennement aux visons, aux renards et à de nombreux autres animaux, il serait tout de suite condamné pour actes d’extrême cruauté. Les animaux à fourrure élevés dans ces fermes industrielles sont confinés dans des cages aux mailles minuscules et entassés ensemble dans de longs hangars qui leur offrent peu de protection contre les températures les plus extrêmes. Les animaux emprisonnés dans ces fermes à fourrure industrielles souffrent de gelures, d’un manque de nourriture appropriée et d’eau propre, de maladies chroniques, d’infections, de manque de contacts sociaux et de graves troubles mentaux. De plus, l’utilisation d’hormones et la manipulation environnementale sont monnaie courante dans ces installations afin de pouvoir accélérer la reproduction des animaux et augmenter le profit. Les animaux sont accouplés entre eux pour obtenir des couleurs spécifiques, ce qui cause de graves anomalies comme la surdité, l’invalidité, la déformation des organes sexuels ou du cou, l’affaiblissement du système immunitaire, l’anémie, la stérilité ainsi que des troubles de système nerveux. En général, les animaux sont tués à l’âge de sept ou dix mois à l’aide de méthodes cruelles telles que l’électrocution anale, le gazage, la rupture des vertèbres cervicales ou encore l’injection létale.Le mythe de l’industrie de la fourrure : « Dans les fermes à fourrure d’Amérique du Nord, les lignes directrices de l’industrie assurent que les animaux bénéficient de normes élevées d’hébergement, de nutrition et de soins. » (Conseil canadien de la fourrure)
Les faits : Aucune loi ne régit l’hébergement, la manipulation ou l’abattage des animaux à fourrure élevés en cage au Canada. Les lignes directrices existantes de l’industrie ne peuvent en aucun cas être qualifiées de « strictes » et sont entièrement volontaires. Il n’y a pas d’inspections publiques des fermes à fourrure et, par conséquent, aucune possibilité de déterminer si une ligne directive facultative quelconque est ou non mise en application. De plus, les tentatives du gouvernement fédéral canadien pour mettre en place des sanctions plus sévères pour punir la cruauté envers les animaux ont rencontré une violente opposition de la part de l’industrie de la fourrure. Alors, si les « lignes directrices de l’industrie » assurent des normes aussi élevées en matière de soins aux animaux, pourquoi l’industrie de la fourrure redoute-t-elle tant le renforcement de lois anti-cruauté? La réponse est évidente : parce que l’industrie de la fourrure sait comme nous que ses préoccupations pour le bien-être des animaux sont aussi réelles que les pseudo-marchés qui, selon eux, s’ouvrent pour la fourrure.
Le mythe de l’industrie de la fourrure : « Les espèces de visons et de renards élevées par les exploitants de fermes d’élevage d’animaux à fourrure diffèrent génétiquement de leurs cousins sauvages et sont habituées à la vie en captivité. » (Institut de la fourrure du Canada)
Les faits : Les animaux à fourrure des fermes industrielles sont élevés sélectivement pour l’apparence de leur fourrure et non pas pour leur capacité d’adaptation à la vie en milieu de confinement intensif. De plus, des animaux à fourrure prélevés à la vie sauvage sont régulièrement introduits parmi les populations captives afin d’améliorer la diversité génétique. Les visons et les renards composent la grande majorité des animaux à fourrure des fermes industrielles du Canada, et beaucoup d’aspects importants du comportement de ces animaux leur sont refusés en captivité.Les visons sont élevés dans des fermes depuis environ 80 ans. Des chercheurs de l’université de Cambridge ont suggéré qu’il était improbable que cette espèce ait pu s’adapter à l’élevage par les humains dans ce laps de temps. À l’état sauvage, ce sont des animaux solitaires qui ont tendance à parcourir de longues distances et à occuper plusieurs terriers, de même qu’à nager et à plonger régulièrement. Les visons d’élevage, en revanche, sont maintenus dans de petites cages sans accès à un point d’eau pour y nager.
Des recherches menées par la zoologiste de l’université d’Oxford Georgia Mason, ont démontré que, contrairement à ce qu’affirme l’industrie de la fourrure, qui prétend que les visons se sont bien adaptés à leur captivité, ceux-ci n’avaient toujours par été domestiqués. En dépit de 70 générations d’animaux élevés en captivité, les visons se languissent toujours de la vie sauvage, et ce qui leur cause le plus grand stress est la répression de leur besoin inné de nager. (Reuters Londres 28/02/01)
Les renards qui, jusqu’en 1991, étaient encore prélevés à la vie sauvage pour être placés dans des fermes d’élevage (en Finlande), ont également sans doute conservé les mêmes instincts sauvages. Ils occupent de vastes territoires définis, parcourent de longues distances, élèvent leurs petits jusqu’à l’âge de six mois et évoluent au sein d’une structure sociale complexe. Les renards d’élevage vivent en cage, seuls ou à deux, et leurs petits leur sont enlevés vers l’âge de huit semaines. Les renards ont eu peu d’occasions d’être domestiqués et, dans les fermes, on peut voir la peur extrême qu’ils ont de l’homme : lorsque les personnes chargées de les soigner approchent, ils tremblent, défèquent, reculent au fond de la cage et essaient de les mordre. À l’heure actuelle, les animaux d’élevage sont attrapés ou déplacés environ 20 fois par an.
On pense que cette peur intense est la cause du grand nombre de comportements anormaux observés dans les renardières, notamment des mères tuant ou blessant leurs petits (morsures ou arrachage de queue).
En réalité, les animaux à fourrure captifs sont tout aussi sauvages que leurs pairs vivant dans la nature ; ils possèdent les mêmes instincts et présentent les mêmes comportements et les mêmes besoins. Si les chiens, les animaux les mieux domestiqués, s’adaptent si mal aux conditions déplorables des usines à chiots, la logique veut que les animaux à fourrure soient tout autant inadaptés aux conditions comparables des fermes industrielles. Il est absurde d’affirmer qu’un animal peut « s’habituer » au confinement intensif, au manque de contacts sociaux, à une nourriture et une eau inadéquates, à une exposition constante à des températures extrêmes et aux maladies chroniques, de même qu’à l’électrocution anale, à la rupture des vertèbres cervicales, au gazage et aux injections létales.
Le mythe de l’industrie de la fourrure : « La meilleure preuve de la bonne santé générale des animaux à fourrure est l’aspect des manteaux ou des fourrures… Par conséquent, le bien-être des animaux est un de nos soucis majeurs. » (Institut de la fourrure du Canada)
Les faits : Dans une ferme d’élevage intensif d’animaux à fourrure, des milliers d’animaux sont entassés dans de très petits espaces, ce qui favorise le développement de maladies. Les maladies comme la maladie aléoutienne du vison, la maladie de Carré et l’encéphalopathie transmissible du vison d’élevage qui affectent communément les visons et les renards des fermes d’élevage se manifestent par peu de symptômes visibles et n’affectent que rarement l’aspect de la fourrure de l’animal, à moins que celui-ci ne soit déjà au seuil de la mort. C’est la raison pour laquelle des fermes entières de visons et de renards sont souvent décimées lorsque l’un des animaux contracte une maladie. Le temps que l’exploitant réalise la présence d’une maladie au sein de sa population, elle s’est déjà répandue à tous les autres animaux. De plus, les animaux à fourrure revêtent un pelage épais et sain lorsqu’ils sont exposés au froid extrême, qu’ils soient ou non en bonne santé. Pour cette raison, en plus des conditions déplorables de confinement qu’ils imposent aux animaux, les exploitants de fermes d’élevage d’animaux à fourrure exposent les misérables animaux à des températures extrêmement basses dans le but précis de les forcer à produire une fourrure plus épaisse. Il est important de rappeler que les animaux des fermes à fourrure sont abattus au cours de leur première année de vie. À cet âge, leur pelage est encore en parfait état et les conditions inhumaines dans lesquelles ils sont maintenus n’ont pas encore pu en affecter la qualité.Le mythe de l’industrie de la fourrure : « Pour être en bonne santé, un animal a besoin d’une bonne nourriture, de peu de stress et d’un environnement propre. » (Institut de la fourrure du Canada)
Les faits : Il est évident qu’une bonne nourriture, peu de stress et un environnement propre sont des facteurs primordiaux pour la santé et le bien-être d’un animal et c’est précisément l’absence de ces trois facteurs qui fait des fermes à fourrure des terrains propices au développement de maladies, de troubles mentaux et d’un taux de mortalité élevé. L’institut de la fourrure au Canada déclare :
« Les exploitants nourrissent leurs visons et leurs chinchillas avec des œufs, de la viande et des poissons ayant été jugés impropres à la consommation humaine. » Cette « nourriture » se compose généralement de sous-produits animaux provenant des abattoirs que les fermes d’élevage d’animaux à fourrure obtiennent gratuitement ou à un coût très bas. L’utilisation de cette nourriture de basse qualité est la cause principale du développement de l’encéphalopathie transmissible du vison d’élevage, une maladie similaire à la maladie de la vache folle. Les animaux à fourrure confinés dans ces fermes à exploitation intensive présentent des comportements névrotiques : ils zigzaguent, font les cent pas et pratiquent l’automutilation et le cannibalisme, autant de signes témoignant d’une très grande détresse mentale. Ces comportements anormaux sont le résultat direct de la saleté, de l’ennui et des conditions de vie misérables que ces animaux sensibles et intelligents sont contraints de supporter.
Le mythe de l’industrie de la fourrure : « Les méthodes d’euthanasie sans cruauté pratiquées dans les fermes à fourrure sont celles qui sont reconnues par l’American Veterinary Medical Association des États-Unis et par le centre de recherche de l’Université de Guelph au Canada. » (Fur Commission USA)
Les faits : Les paragraphes suivants sont tirés du rapport de la Société mondiale pour la protection des animaux (WSPA) intitulé Fashion Victims (Victimes de la mode) :« La plupart des visons sont gazés au dioxyde ou au monoxyde de carbone. Le dioxyde de carbone peut tuer ces animaux rapidement lorsqu’il est utilisé à une concentration de 100 %, mais nous savons aussi qu’il provoque une intense sensation de picotement ainsi que des brûlures du nez. Les observations de visons tués par dioxyde de carbone ont montré que les animaux couraient frénétiquement dans la chambre à gaz et luttaient pour maintenir leur tête au-dessus du niveau du gaz. Un rapport sur l’euthanasie produit par la Commission Européenne de l’environnement a conclu que le dioxyde de carbone ne devrait pas être utilisé sur les animaux sachant plonger, tels que les visons, à cause de leur capacité à retenir leur souffle. »
« Le monoxyde de carbone est habituellement acheminé vers les chambres à gaz par le tuyau d’échappement d’un moteur de tracteur. Ce gaz peut provoquer chez l’animal une perte de conscience après environ 40 secondes d’exposition, mais cause des irritations sévères s’il n’a pas été auparavant méticuleusement filtré et refroidi. Le rapport de la Direction de l’Environnement de la Commission européenne a condamné l’utilisation des gaz d’échappement comme moyen d’euthanasie. »
« Les renards sont le plus souvent tués par électrocution. Cela se fait par insertion d’une électrode dans le rectum de l’animal et d’une autre dans sa bouche. Bien que l’électrocution puisse rapidement causer la mort, le stress causé par la capture et l’immobilisation des renards lors de ce procédé causent inévitablement beaucoup de souffrances. »
« Plusieurs types d’injections létales sont utilisés pour tuer les animaux à fourrure. Certaines, telles que le pentobarbital de sodium, peuvent tuer des animaux sans cruauté, mais d’autres, comme l’hydrate de chloral, l’alcool méthylé et les poisons à base de nicotine, ont été condamnés par les vétérinaires. Ces substances peuvent mettre plusieurs minutes avant d’agir, temps pendant lequel les animaux peuvent éprouver des douleurs extrêmes.
Des vidéos prises en caméra cachée ont même montré qu’une ferme à visons américaine tordait le coup des animaux comme méthode d’abattage pratiquée dans une ferme à visons américaine. »