Les encans à bestiaux

Introduction

Les Encans à Bestiaux : Souffrance à vendre

Les encans à bestiaux sont des installations où l’on regroupe les animaux, principalement les animaux de ferme, pour les vendre au plus offrant. Actuellement, il y a plus de 100 encans à animaux d’élevage au Canada, dont la majorité sont situés au Québec et en Ontario. La fréquence des encans de même que le nombre et la variété des animaux vendus varient grandement. Mais ils ont tous une chose en commun : la souffrance des animaux.

La fonction première des encans consiste à servir de centre d’échanges pour les animaux qui ne sont plus productifs dans les fermes industrielles. Les poules pondeuses et les vaches laitières usées, les truies qui ne produisent plus de grandes portées et les veaux mâles non voulus des fermes laitières sont vendues au plus offrant, parfois pour seulement un dollar.

Ces animaux déjà affaiblis doivent endurer un voyage éprouvant vers l’encan, subir un déchargement brutal et des coups assénés par des gardiens violents en entrant et en sortant des enclos de l’encan. Une fois achetée, les animaux doivent de nouveau affronter un voyage traumatisant, en général vers l’abattoir. Les animaux qui ne peuvent se lever et les piles de cadavres font partie du paysage des encans, de même que les animaux abandonnés que l’on laisse mourir de soif et de faim.

Les encans et la loi

La loi relative au bien-être des animaux dans les encans est censée être appliquée par les autorités provinciales et fédérales. L’Agence canadienne d’inspection des aliments supervise la loi relative au transport, au chargement et au déchargement. Les autorités provinciales reliées à l’agriculture, quant à elles, réglementent le traitement des animaux au moment de leur séjour dans les encans.

La loi existante stipule que les articles suivants doivent être respectés :

  • Les parcs d’attente des animaux dans les encans doivent être munis d’installation pour nourrir et offrir de l’eau aux animaux.
  • Les parcs d’attente doivent être assez grands pour que les animaux puissent s’y coucher sans être surpeuplés.
  • Les animaux qui affichent des symptômes de maladie ou des blessures doivent être séparés des autres.
  • Les animaux incapables de se lever ne doivent pas être transportés sans le consentement préalable d’un vétérinaire et seulement pour se rendre directement à l’abattoir.
  • Les animaux de grande taille doivent être séparés des animaux de petite taille.
  • Les installations de l’encan doivent être entretenues de façon à ne pas causer de danger pour les animaux.

Encans hors-la-loi

Le Réseau Action Globale a consigné la non-observation des lois censées réglementer les encans à bestiaux à chaque inspection, parfois même en enregistrant les infractions sur bande vidéo, et cela, à la vue de tous.

Les violations documentées comprennent : l’utilisation excessive de bâtons électriques au visage ou aux parties génitales, l’utilisation de bâtons électriques dans les situations d’engorgement, le traînage des animaux incapables de se lever juste avant l’euthanasie, le déplacement des animaux incapables de se lever à l’aide d’un déchargeur mécanique de même que l’utilisation excessive de coups de pied, de coups de poing et de coups de bâton de façon régulière. La grande majorité des encans ne fournissaient pas d’eau ou de nourriture aux animaux et, en de nombreuses occasions, des animaux de tailles et de tempéraments différents étaient mélangés, entraînant la panique et les bagarres.

Dans un encan ontarien, un enquêteur du Réseau Action Globale a vu une vache laitière être battue et recevoir des chocs électriques avec un bâton pendant plus d’une demi-heure dans la tentative futile de la déplacer. À d’autres occasions, nos enquêteurs ont consigné des cas où des porcs incapables de se lever et dont les pattes étaient cassées ont reçu des coups de pieds et des chocs électriques de façon répétée au cours de leur déchargement. Pratiquement tous les encans du Québec et de l’Ontario violaient complètement chaque loi et règle qui existent pour protéger les animaux.

L’inaction du gouvernement

Les inspecteurs de l’agriculture fédéraux et provinciaux sont supposés appliquer la loi sur la protection des animaux dans les encans. Mais jamais, au cours de leur visite de chacun des encans de l’Ontario et du Québec sur une période de trois mois, les enquêteurs du Réseau Action Globale n’ont rencontré un seul inspecteur.

Lorsque nous avons téléphoné à des inspecteurs d’encans pour discuter de la situation, nous avons été scandalisés par leur manque de connaissances, leur désintéressement et leur apathie. Certains ne se rappelaient pas la dernière fois qu’ils avaient inspecté un encan. D’autres ont admis ne pas être au courant de la loi qu’ils sont censés appliquer.

Il faut ajouter qu’aucun inspecteur du Québec n’a poursuivi un encan en justice pour violation de la loi sur la protection des animaux depuis 1987. Les inspecteurs de l’Ontario n’étaient pas au courant si un encan avait déjà été poursuivi pour cruauté envers les animaux. Un inspecteur ontarien a admis que l’application des quelques lois existantes est remise entre les mains des employés de l’encan, ce qui constitue un conflit d’intérêt flagrant. De toute évidence, les gouvernements fédéral et provinciaux ne sont pas intéressés à appliquer les lois qui existent ici pour protéger les animaux dans les encans à bestiaux.

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