Viande Canine aux Philippines
Fiches d'information
Historique religieux de la consommation de viande canine
La consommation de viande canine est une pratique apparue aux Philippines dans le cadre d'un rituel religieux. Lorsqu'une famille se pensait victime de la malchance ou lorsqu'on était témoin d'une mort, on sacrifiait des chiens puis on mangeait leur chair. Les Philippins croyaient que l'esprit du chien sacrifié les protégeait et veillait sur les membres vivants de la famille. La différence majeure entre ces pratiques religieuses occasionnelles des temps anciens et ce qui se passe aujourd'hui provient de la manière dont les animaux sont traités. Il y a plus de 20 ans, avant que la viande canine ne soit commercialisée, les chiens étaient traités avec respect et abattus sans cruauté. Aujourd’hui, ils sont torturés et souffrent énormément avant d’être tués de manière brutale. Voici quelques-unes des tortures que subissent ces chiens : ils sont d'abord muselés à l'aide de cordes afin d’être réduits au silence, puis ils sont entassés à l'arrière de camions où ils peuvent à peine respirer, abandonnés dans ces véhicules pendant des jours dans une chaleur suffocante, sans eau ni nourriture, et enfin, ils sont massacrés. Une autre différence avec les temps anciens est qu'alors la viande de chiens n'était consommée qu'en des moments cruciaux. Aujourd'hui, il n'est pas rare de trouver de cette viande dans les restaurants ou les marchés publics dans la région de Baguio et ses environs.
Que dit l'Animal Welfare Act à propos de la torture et de l'abattage de chiens?
L’Animal Welfare Act interdit la torture de tous les animaux ainsi que l’abattage de tous les animaux, exception faite du bétail, à savoir les bovins, les cochons, les chèvres, les moutons, les volailles, les lapins, les buffles, les chevaux, les cerfs et les crocodiles. Les exceptions incluent l’abattage des animaux pour raisons religieuses, ce qui s’applique dans ce cas-ci à la viande de chien. L’Animal Welfare Act stipule aussi que toute forme de cruauté envers les animaux devra être punie même si le transporteur a obtenu un permis du Bureau of Animal Industry. Sont considérés comme actes de cruauté lors du transport le surpeuplement ou le transport de l’animal dans le coffre ou sous le capot du coffre d’un véhicule (Article 4). L’article 6 de la même loi stipule qu’il est illégal pour toute personne de torturer tout animal, de négliger de lui procurer des soins, de la nourriture et un abri adéquats, de maltraiter un animal ou de soumettre un chien ou un cheval à des combats, de tuer ou d’être la cause de la mort ou de la torture, d’un manque de soins, de nourriture ou d’abri adéquats, de la maltraitance ou de l’utilisation à des fins de recherche ou d’expérience d’un animal, ou encore de remettre celui-ci à des tiers afin qu’il soit utilisé à ces fins, sans en avoir reçu l’autorisation formelle du Committee on Animal Welfare. En clair, les trafiquants de viande canine violent la loi actuelle sur deux points fondamentaux : la torture et l’abattage des chiens dans un but de commercialisation de leur viande.
Que fait le gouvernement contre le commerce illégal de la viande de chien ?
A l’heure actuelle, le gouvernement fait très peu pour que soit respectée la loi en vigueur afin de protéger les chiens aux Philippines. Bien que les raisons d’une telle passivité restent obscures, quelques circonstances pourraient expliquer cette situation. D’abord, on pense que certains, voire un grand nombre, de membres officiels du gouvernement consomment eux-mêmes de la viande canine dans des restaurants de la ville de Baguio. Cette viande y est souvent servie en guise d’apéritif et accompagnée d’une boisson alcoolisée afin de rendre le plat plus attrayant. Une autre raison pouvant expliquer la passivité de l’État est que les officiers de police chargés d’attraper et d’arrêter les trafiquants sont souvent corrompus par l’argent offert par ces derniers. Lorsqu’un trafiquant est traduit devant les tribunaux, il plaide généralement coupable car l’amende lui revient moins cher que les services d’un avocat. Les trafiquants de viande canine sont rarement arrêtés et n’ont qu’une maigre amende à payer pour avoir violé la loi, malgré que cette loi stipule que toute personne qui viole une des clauses de cette loi sera, après avoir été déclarée coupable par jugement final, punie par une peine d’emprisonnement d’au moins six (6) mois et d’au plus deux (2) ans ou devra payer la somme d’au moins mille pesos (1 000 PHP) et d’au plus cinq mille pesos (5 000 PHP), ou les deux, selon le bon vouloir de la Cour. (Article 8)
Qui consomme cette viande et d’où provient-elle?
Bien que la majorité de la population des Philippines soit hostile à l’idée de manger l’animal de compagnie de la famille, ou de toute autre famille d’ailleurs, il reste toujours un nombre appréciable de personnes, principalement dans les environs de Baguio et dans la région des Cordillères, qui continuent de consommer de la viande de chien. C’est probablement parce que la viande canine est vendue si ouvertement et qu’un grand nombre de restaurants (approximativement 60) en servent. Les chiens fournis à ces restaurants et ces marchés proviennent de tous les coins des Philippines, incluant des régions éloignées telles que les provinces méridionales de Tagalog, Visayas et Mindanao. Lorsqu’ils atteignent leur destination, ils sont vendus à 1,30US $/kg, ce qui est peu comparativement au prix du porc et du bœuf, vendus respectivement 2,10 US$/kg et 3,00 US$/kg, et explique pourquoi cette viande est si populaire. Le fait que les chiens soient disponibles en abondance dans les rues aux Philippines et n’aient pas besoin d’être élevés explique le coût modeste de cette viande. On emploie des particuliers pour attraper les chiens errants, ce qui ajoute une motivation économique de plus au maintien de ce commerce.
Qu’arrive-t-il aux chiens lorsqu’ils atteignent leur destination ?
Environ la moitié des chiens que l’on a entassés dans de minuscules cages meurent de faim et de déshydratation dans les véhicules de transport avant même d’arriver à Baguio ou dans la région des Cordillères. Vous pensez peut-être que c’est une perte de profit mais beaucoup de ces chiens, bien que morts, sont passés pour vivants et tout de même abattus. Les chiens qui auront survécu à ce voyage éprouvant sont condamnés à souffrir encore plus puisqu’ils sont envoyés directement dans des abattoirs clandestins. Après avoir été sortis de leurs cages exiguës à l’aide de perches à anneaux, ils sont frappés avec ces mêmes perches à plusieurs reprises et ce jusqu’à ce qu’ils perdent conscience. On leur tranche ensuite la gorge à la veine jugulaire afin que le sang qui jaillit soit récolté pour être vendu. Ensuite, le corps du chien est placé au-dessus d’un feu pour que sa fourrure brûle et est découpé en morceaux qui seront vendus aux restaurants et aux marchés.
